Simurgh

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Date de lancement : 28 août 2014
Lieu de lancement : Biscarosse, campagne C’Space
Statut du vol : nominal
Vitesse maximale : Mach 0,8
Altitude maximale : 2 500 m
Expériences embarquées : trajectométrie et télémesure
Partenaires : Supaero, Rheinzik, Skydive Pamiers

Simurgh est le premier projet du S3 en dehors du programme Perseus. Cette fusée est née à la fois d’un regain d’activité important en 2014 et du désir de développer des projets personnels pour offrir à ces membres l’occasion d’acquérir des compétences diversifiées. Cette fusée dispose d’un budget limité apporté par Supaero et par son sponsor Rheinzik. La participation de Skydive Pamiers pour la toile du parachute a aussi été précieuse.

Simurgh tire son nom d’un oiseau de la mythologie perse. Le Simurgh est une sorte de phénix immortel, si vieux qu’il aurait déjà vu 3 fois la destruction du monde. Ce nom a été choisi car cette fusée utilise la structure de la première fusée du club, autrefois nommée Jessie James, qui n’a jamais décollée. Une sorte de renaissance donc. L’équipe a ainsi récupérée une carcasse vide de toute électronique et avec beaucoup d’aménagements à effectuer. Au niveau de l’intégration notamment, le diamètre intérieur n’étant que de 7 cm, des maux de tête en découlèrent pour tout faire rentrer correctement.

En tant que premier projet indépendant du S3, les objectifs de Simurgh sont modestes. Il s’agit d’effectuer une expérience de trajectométrie et de télémétrie. L’expérience de trajectométrie se base sur un ensemble de capteurs de pression et inertiels. La fusée est donc équipée de 3 capteurs de pression, d’une sonde Pitot au sommet de la coiffe et d’une centrale inertielle. L’ensemble des données est traitée par un Pixhawk, un module initialement conçu pour le pilotage de drone. Ses performances élevées ont amené l’équipe à développer une première expérience d’utilisation de ce module comme OBC en lien avec le département d’automatique de Supaero. Si le résultat est concluant, ce module sera amené à être réutilisé sur les futurs projets du club.
En plus de cela, certaines trames de mesures étaient envoyées au sol pendant le vol via le module Kiwi développé par le CNES et Planète Sciences. Après certains déboires liés à la modulation du signal, au choix de l’antenne et au blocage du rayonnement par la peau, des trames ont pu être émise depuis la fusée.

Bien que déjà construite auparavant, la structure mécanique de la fusée a dû être profondément révisée. En effet, les différentes bagues n’étaient pas bien usinées, le système d’ouverture de la trappe parachute était inexistant et les ailerons étaient mal proportionnés. La plupart des pièces en aluminium furent donc usinées à nouveau notamment grâce à la patience des techniciens de l’atelier de Supaero. De plus, la fusée se trouvait en limite du cahier des charges de Planète Sciences pour le lancement : presque trop longue, quasi trop fine et un poil trop légère. Ces caractéristiques amenèrent de nombreux débats sur les décisions à prendre, mais finalement la fusée n’eut pas besoin d’être lestée, il a suffi de couper les ailerons (les mystères de l’aérodynamique).

Le lancement finalement eu lieu lors de la campagne 2014 du C’Space. Après une lutte de deux semaines pour résoudre tous les problèmes encore existants et les nouveaux qui se sont créés, Simurgh a effectué un vol nominal. La télémesure a permis de récolter des premières trames en direct complétée ensuite par la récupération de la fusée et de sa carte SD. L’analyse des mesures de la centrale inertielle et du dernier capteur de pression encore en marche ont permis de mettre en évidence les caractéristiques du vol et les différentes phases de celui-ci.

Simurgh a donc souffert de quelques erreurs de jeunesse mais la réactivité et la créativité de l’équipe ont permis à ce projet de se réaliser et de remplir tous ses objectifs. Nul doute que Simurgh a ouvert la voie à de nouvelles ambitions et que son retour d’expérience offrira une base solide à la réalisation de nouveaux projets internes au S3.